Passer de la prison à la « maison »

Par Élodie Lavoie

Il serait possible, à mon avis, de réduire la facture liée aux peines d’emprisonnement en commuant, c’est-à-dire en amoindrissant, les peines d’emprisonnement des criminels par des peines de garde à vue dans leur maison. 

Brossons tout d’abord un portrait sommaire de la situation actuelle des judiciarisés au Canada et au Québec. La population canadienne constitue près de 14 % de la population du pays, en 2009, ce qui représente environ 4 millions de personnes. 

Durant l’année 2015-2016, au Canada, il y avait environ 22 872 citoyens sous la garde des Services correctionnels du Canada, dont 8 233 dans leur communauté et 14 639 dans les prisons. Durant cette même année, le coût total des services carcéraux s’est élevé à 2,4 milliards de dollars. 

Notons qu’un prisonnier coûte environ 116 000 $ par année d’incarcération et, pour le garder dans sa communauté, cela revient à 31 000 $ annuellement. 

Selon les plus récentes statistiques, au Québec, le nombre de judiciarisés est d’environ 800 000. Il faut noter que les peines de deux ans et moins sont dirigées par les Services correctionnels du Québec tandis que les sentences de plus de deux ans relèvent des services fédéraux. En fait, 20% des hommes québécois ont un casier judiciaire, comparativement à 6% de femmes (les hommes constituent 88 % de la clientèle des Service correctionnels fédéraux ou provinciaux). Pour l’année 2007-2008, 51 814 personnes se trouvaient sous la gouverne des Services correctionnels du Québec. 

Il existe déjà des alternatives aux sentences de prison pour augmenter le bien-être des prisonniers. En 2013, le journal The Guardian révélait que la Suède fermait quatre de ses bâtiments carcéraux en raison d’une chute importante de la population carcérale. Cette baisse significative est due au fait que la Suède a innové en équipant ses prisonniers de bracelets de géolocalisation qui sont portés à la cheville; la personne peut ainsi purger sa sentence dans sa communauté. En anglais, cela se nomme electronic tagging et en français, l’équivalent est monitorage électronique. Il s’avère que le tagging électronique est le moyen le plus efficace pour réduire la récidive, comparativement à la prison, en plus d’être à faible coût pour l’État (Stuart S. Yeh, 2010). Pour les cas de criminels plus lourds, les résultats du monitorage électronique sont cependant plus mitigés (Marc Renzema et Evan Mayo-Wilson, 2005). 

La question de la criminalité demeure complexe et l’amélioration du système carcéral passe, entre autres, par la prévention de la criminalité. Des techniques neuroscienti- fiques peuvent d’ailleurs contribuer à cette prévention, notamment par l’olfaction comme test de dangerosité (Alexander Poellinger, Robert Thomas, Peter Lio, Anne Lee, Nikos Makris, Bruce R. Rosen, Kenneth K. Kwong, 2001). Le Canada applique toutefois déjà le monitorage électronique à petite échelle. On verra dans les prochaines années s’il emboîtera le pas à la Suède. 

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